Soudan: un décret présidentiel pour restreindre les manifestations

Soudan: un décret présidentiel pour restreindre les manifestations

0
Des manifestants soudanais cherchent à se protéger des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation antigouvernementale dans le district de Burri, dans la capitale soudanaise, à Khartoum, le 24 février 2019. © STRINGER / AFP

Le président soudanais Omar el-Béchir a décrété lundi 25 février que seules les manifestations approuvées par les autorités pouvaient être organisées, annonçant également une série de mesures visant à mettre fin à la contestation contre son régime.

« Dans le cadre de l’état d’urgence déclaré par le président, [Omar el-Béchir] a émis un ordre interdisant tout rassemblement ou manifestation non autorisés », a indiqué la présidence soudanaise dans un communiqué lundi.

Les mesures clamées vendredi dernier par le chef de l’Etat n’ont pas empêché les protestataires de descendre dans les rues à Khartoum et d’autres villes du Soudan depuis dimanche soir. Bien au contraire, la manifestation de Khartoum ce lundi semble être un défi à l’état d’urgence déclaré pour un an dans le pays. Des centaines de personnes qui se sont rassemblées à nouveau dans la capitale soudanaise et ont scandé « liberté, paix, justice ». La police a tenté de les disperser en envoyant des gaz lacrymogènes, mais les manifestants ont continué à demander le départ de Omar el-Béchir.

Les manifestations qui perdurent depuis plus de deux mois au Soudan ont défini le changement du pouvoir comme but ultime de ce mouvement de protestation.

Selon ces opposants, les décisions prises par Omar el-Béchir visent à contourner la crise et non pas à trouver une vraie solution politique. Pour eux, ces déclarations renvoient des messages contradictoires. Beaucoup se posent la question sur l’allusion évoquée par Omar el-Béchir sur la possibilité de quitter la présidence du parti au pouvoir « pour être à la même distance de tous » avait dit le président.

Des analystes soudanais ont fait le lien entre cette allusion et les déclarations de Salah Gosh, chef du service de renseignement et de sécurité, quelques heures avant le discours du président où il affirmait la volonté de Omar el-Béchir d’abandonner la tête du parti Mo’tamar. S’ajoutent à cela les propos d’un haut responsable du parti au pouvoir, qui affirmait ce lundi à un quotidien local que le parti al Mo’tamar proposerait un autre candidat pour la présidentielle de 2020, et que son nom sera révélé en juillet prochain lors du congrès du parti.

Jusqu’à maintenant, le parti al Mo’tamar considérait Omar el-Béchir comme son candidat unique pour la prochaine présidentielle.

 

 

 

Source : RFI

Réveil d’Afrique Info

Facebook Comments

Leave a Reply

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A Lire Aussi

Centrafrique : onze groupes armés demandent la démission du Premier ministre

Onze des quatorze groupes armés signataires de l’accord