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Au Mali, au lendemain du massacre de plus de 130 civils peuls dans le centre du pays, près de la frontière avec le Burkina Faso, le gouvernement malien a annoncé, ce dimanche 24 mars, la dissolution de l’« association Dan Nan Ambassagou » et le remplacement des principaux chefs de l’armée. Le président Ibrahim Boubacar Keïta avait réuni, ce dimanche matin, un conseil des ministres extraordinaire. Au lendemain de l’attaque, c’est la consternation, alors que les secours s’occupent encore des blessés.

C’est le Premier ministre malien qui a pris la parole devant la presse après le Conseil extraordinaire. Il a annoncé la dissolution de l’association Dan Nan Ambassagou, groupe armé dogon basé dans le centre du Mali qui, officiellement, affirme défendre les civils de la communauté. Cependant, pour plusieurs associations, il s’agit d’une milice, véritable bête noire des civils peuls. Plusieurs sources s’interrogent d’ailleurs sur une possible implication de cette milice dans les événements survenus à Ogossagou, près de la ville de Bankass.

Dans son intervention, le Premier ministre malien a voulu également lancer un message de clarification de fermeté.

« Des milices qui ne déposeront pas les armes seront désarmées », a-t-il affirmé.

Le Conseil extraordinaire a également décidé le limogeage du chef d’etat-major des armées, de celui de l’armée de Terre et enfin du patron de l’armée de l’Air.

« Ce réajustement était nécessaire pour donner un nouveau souffle à nos acquis », a précisé Soumeylou Boubeye Ma

« Tout le monde est mort, tout est brûlé »

Selon des témoins, c’est la désolation dans le village d’Ogossagou. Les habitants creusent ce dimanche une fosse commune pour enterrer une quarantaine de civils, qui n’ont pas pu être inhumés la veille, le jour du drame. « Nous n’avons pas le moral, les gens sont tous traumatisés », témoigne par téléphone un élu. Un autre décrit les restes de cases brûlées, les animaux calcinés, les affaires personnelles réduites en cendres, témoignages silencieux de l’horreur.

Femmes, enfants… tout le monde est mort… tout est brûlé, on n’a rien à manger, tout est brûlé.
Témoignage d’Allaye Belco Barry, témoin de l’attaque d’Ogossagou et frère du chef de village tué
24-03-2019 – Par Clémentine Pawlotsky
Une délégation du gouvernement – composée notamment de trois ministres – est présente sur place. Des dizaines de militaires ont aussi été dépêchés dans les villages pour sécuriser les lieux et rassurer les habitants. Enfin, le gouvernement s’est engagé à arrêter les auteurs de ces massacres et à apporter la justice.

Par ailleurs, les secours se sont organisés une partie de la soirée, samedi, notamment pour évacuer les blessés. Ils ont été conduits vers la localité de Bankass pour certains, vers Mopti pour d’autres.

Sur les réseaux sociaux ou dans les rues, les Maliens disent leur choc et leur indignation au lendemain du massacre. Un choc partagé par le représentant de la mission de maintien de la paix Mahamat Saleh Annadif qui, devant la presse samedi et entouré d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU, a enjoint à l’État de stopper la spirale de la violence.

Face à ce drame inqualifiable, j’en appelle d’abord à la cessation de la spirale de la violence. Dans le cadre de notre mandat de protection des civils, une force d’intervention rapide de la Minusma a été aussitôt déployée dans le lieu de l’incident. De même, des mesures pour évacuer les blessés vers Sévaré ont été prises.
La délégation du Conseil de sécurité de l’ONU réagit au carnage dans le centre du Mali
24-03-2019 – Par Coralie Pierret
Comme d’autres élus des environs, Cheick Harouna Sankaré, maire de Ouenkoro, affiche son inquiétude. Cet ancien candidat à la présidentielle explique que dans la ville de Bankass, aujourd’hui, des civils peuls demandent protection, demandent même à partir plus au sud.

Les associations des droits de l’homme ainsi que l’association communautaire peul Tabital Pulaaku pointe l’absence de l’État dans cette zone. Le massacre d’Ogossagou n’est pas un cas isolé. Selon Tabital Pulaaku, dans le cercle de Bankass, les affrontements intercommunautaires ont fait au moins une cinquantaine de mort depuis janvier 2019.

Source RFI

Réveil d’Afrique Sangomar

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