Xi Jinping en France: la Chine achète 300 avions à Airbus

Xi Jinping en France: la Chine achète 300 avions à Airbus

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Pékin a décidé de passer commande auprès du constructeur aéronautique Airbus. Le méga-contrat porte sur une valeur de 30 milliards d’euros, a précisé l’Elysée. A l’occasion de la visite du président chinois Xi Jinping, d’autres accords importants ont été signés dans d’autres domaines comme l’agroalimentaire, l’énergie et la culture.

 

Pékin a décidé de passer commande auprès du constructeur aéronautique Airbus. Le méga-contrat porte sur une valeur de 30 milliards d’euros, a précisé l’Elysée. A l’occasion de la visite du président chinois Xi Jinping, d’autres accords importants ont été signés dans d’autres domaines comme l’agroalimentaire, l’énergie et la culture.

■ Contrat faramineux avec Airbus

Airbus et la China Aviation Supplies Holding Company (CASC), entreprise d’Etat, ont signé lundi un accord portant sur l’acquisition de 290 appareils de la famille A320 et de dix A350. Le contrat a été signé en présence des présidents français et chinois, à l’occasion de la venue en France de Xi Jinping. Le montant du contrat est estimé à plus de 30 milliards de dollars. Un contrat nettement plus important que le pré-accord annoncé il y a plus d’un an, qui portait sur 184 Airbus A320. Il devra toutefois être affiné par les deux entreprises, a précisé l’Elysée.

Emmanuel Macron a noté une « avancée importante et un excellent signal de la force des échanges entre la Chine et la France ». Les relations entre Airbus et les opérateurs chinois ne se portent pas mal en effet. En décembre dernier déjà, le loueur Bohai Leasing annonçait l’achat de 100 appareils pour quelque dix milliards d’euros… Le numéro deux mondial de l’aéronautique a donc de quoi se réjouir, au moment où son principal concurrent, l’Américain Boeing, affronte lui des vents contraires, notamment autour de son 737 MAX 8, incriminé récemment dans des catastrophes en Ethiopie et en Indonésie.

■ Accords économiques: la France veut le « respect des intérêts mutuels »

Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi que la France et la Chine allaient coopérer sur une liste de projets concrets d’investissements dans les pays traversés par le méga projet chinois d’infrastructures des nouvelles routes de la soie, qui préoccupe certains pays européens.

Les deux présidents ont ensuite tenu une conférence de presse – aucune question n’a été autorisée. « La Chine souhaite une Europe unie et prospère », a déclaré Xi Jinping. Pour sa part, Emmanuel Macron a affirmé la ligne sur laquelle il souhaite que l’Europe se positionne face aux ambitions chinoises : « un partenariat eurochinois fort » qui doit être articulé autour d’un « multilatéralisme fort », et un volet économique « loyal et équilibré ».

[…] La mise en place d’un partenariat économique et commercial respectueux de nos intérêts mutuels et bâtis sur un cadre loyal, équilibré dont nous aurons l’occasion de discuter demain, et qui est essentiel dans un moment où la conflictualité pourrait augmenter dans notre environnement commun et nous avons le souhait de maintenir des équilibres et le respect de chacun. Enfin, la coopération sur des projets concrets en pays tiers le long des routes de la soie, dans le respect des pays traversés, des normes internationales que nous définissons au G20 et en pleine cohérence avec nos engagements climatiques. Cela suppose que l’Europe soit unie et se dote d’une stratégie cohérente dans le dialogue qu’elle établit avec la Chine comme avec ses autres grands partenaires
Emmanuel Macron25/03/2019 – par Véronique GaymardÉcouter

L’Europe cherche une posture cohérente face aux ambitions diplomatiques et économiques de Pékin. Plusieurs pays de l’UE, dont la Croatie, la Hongrie, la Grèce, la Pologne et le Portugal, ont d’ores et déjà conclu des protocoles d’accord avec Pékin dans le cadre de cette initiative. Samedi, l’Italie s’est à son tour engagée de plain-pied dans le grand projet chinois des « nouvelles routes de la soie ». Paris, Berlin et Londres refusent d’y adhérer sans garanties de « réciprocité ».

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De son côté, Xi Jinping a souligné que « la Chine attache une grande importance aux relations lsino-européennes » et « entend travailler ensemble avec l’Europe dans la construction d’un nouveau type de relation internationale ».

« Nous voulons que notre développement profite aux autres aussi », a assuré Xi Jinping. « C’est le cas de l’initiative (« des nouvelles routes de la soie »), nous voulons réaliser un développement marqué par la consultation, la coopération et les bénéfices pour tous. »

■ Levée de l’embargo sur la volaille française

Elle était en vigueur depuis décembre 2015, lors que la grippe aviaire avait touché les élevages de l’Hexagone. Depuis lors, aucune viande de volaille française n’a été vendue en Chine. Ce lundi, la signature d’un accord entre le ministère de l’Agriculture et l’administration générale des douanes de Chine lève l’embargo sur les exportations de pattes, têtes et ailes de poulets congelés français vers la Chine. Le marché reste modeste en volume et en montant. Mais il est tout de même crucial pour la filière, car il lui permet de valoriser des morceaux (têtes, pattes, ailes) qui sont appréciés des Chinois et non consommés en France, rappelle la Fédération des industries avicoles qui regroupe 60% de la filière française. En 2015, la France avait exporté 3.570 tonnes de viande de volaille pour un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros, selon l’organisme FranceAgriMer.

■ Autres accords annoncés

EDF a conclu lundi avec China Energy Investment Corporation (CEIC) un accord sur un projet de parc éolien offshore en Chine pour environ un milliard d’euros. Cet accord porte sur les phases 4 et 5 du projet éolien de Dongtai

BNP Paribas, Eurazéo PE et ChinaInvestment Corporation (CIC) ont signé un mémorandum d’entente portant sur la création d’un fonds de coopération franco-chinois, dont le montant cible est d’un milliard d’euros. Ce fonds d’investissement bilatéral doit appuyer le développement en Chine d’entreprises françaises.

Schneider Electric et Power Construction Corporation (PCC) ont signé un accord de coopération stratégique pouvant atteindre près de 6 milliards d’euros, portant sur la modernisation industrielle des usines de PCC en Chine et en pays tiers.

CMA-CGM et China State Shipbulding Corporation ont signé un accord-cadre de coopération globale et un contrat de construction portant sur 10 nouveaux navires d’une capacité de 15 000 containers équivalent vingt pieds (EVP), dont le montant est estimé à 1,2 milliard d’euros.

■ Macron évoque les droits de l’homme

Le président français Emmanuel Macron a déclaré avoir fait part à son homologue chinois Xi Jinping des « préoccupations » de la France et de l’Europe sur le respect des droits de l’homme en Chine. « Nous avons eu sur ce sujet des échanges francs », a déclaré le président français, précisant avoir abordé « plusieurs cas individuels ».

Au même moment, comme la veille, une centaine de manifestants des communautés ouïghoures et tibétaines était réunie sur la place du Trocadéro. Parmi eux, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Car selon un rapport de l’ONG sorti ce lundi 25 mars, la Chine chercherait à un imposer un « nouvel ordre mondial des médias pour faire taire les critiques ».

C’est un pays qui aujourd’hui essaie de faire changer le monde, qui essaie de faire en sorte que le contrôle de l’information, l’anti-modèle chinois, soit de plus en plus imposé et qu’il fait à travers son gigantesque appareil de propagande […] Il est essentiel que les responsables politiques protègent les modèles démocratiques et pour cela imposent des principes, fassent valoir que si les Chinois peuvent investir dans les médias ici ou là, il faut que les médias des autres pays puissent être présents en Chine, que ça n’est pas tolérable que les journalistes chinois soient en détention.

Source RFI

Réveil d’Afrique Sangomar

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